
Qu'est-ce que l'homme sait de lui-même ? Selon toute expérience, très peu de chose…/…La réaction nécessaire et réclamée de l'inconscient collectif s'exerce dans des représentations de forme archétypique. La rencontre avec soi-même signifie d'abord la rencontre avec sa propre ombre. L'ombre est, il est vrai un défilé, une porte étroite dont le pénible étranglement n'est épargné à aucun de ceux qui descendent dans le puits profond. Mais il faut apprendre à se connaître soi-même pour savoir ce que l'on est, car ce qui vient après la mort [à soi-même ou plus exactement à l'égo] est, de façon inattendue, un espace sans limite rempli d'une indétermination inouïe, qui semble n'avoir ni intérieur ni extérieur, ni haut ni bas, ni ici ni là, ni mien ni tien, ni bien ni mal. C'est le monde de l'eau où plane, suspendu, tout ce qui est vivant, où commence le royaume du "sympathique", âme de tout ce qui vit, où je suis inséparablement ceci et cela, où je ressens l'autre en moi et où l'autre me ressent en tant que moi. L'inconscient collectif est tout sauf un système personnel clos, c'est une objectivité vaste comme le monde et ouverte au monde entier. Je suis l'objet de tous les sujets, dans le plus total renversement de me conscience ordinaire où je suis toujours un sujet qui a des objets. Là dans l'inconscient collectif, je suis à ce point relié au monde dans une liaison tellement plus immédiate que je n'oublie que trop facilement qui je suis en réalité. "Perdu en soi-même" est une heureuse expression pour caractériser cet état. Mais ce soi est le monde, ou un monde, si un conscient pouvait le voir. C'est pourquoi on doit savoir qui l'on est.
En effet, à peine l'inconscient nous touche-t-il qu'on l'est déjà, car on devient inconscient de soi-même. C'est là le danger premier déjà connu instinctivement de l'homme primitif, qui se tient encore si prés de ce plérôme, et objet de son effroi. Sa conscience est en effet encore incertaine et chancelante. Elle est encore enfantine, émergeant à peine des eaux premières. Une vague de l'inconscient peut facilement le submerger ; il oublie alors qui il était et fait des choses dans lesquelles il ne se connaît plus lui-même. Si les primitifs ont une telle peur des affects incontrôlés, c'est que la conscience disparaît trop facilement au cours de ceux-ci et laisse le champ libre à la possession. C'est pourquoi tous les efforts de l'humanité tendent à la consolidation de la conscience. C'est à cela que servaient les rites, les représentations collectives, les dogmes ; c'étaient des digues et des murailles, élevées contre les dangers de l'inconscient, les "périls of the soul". C'est pourquoi le rite primitif consiste à chasser les esprits, à ôter les sorts, à écarter le mauvais œil, à rendre propice, à purifier et à produire de façon analogique, c'est-à-dire magique, l'évènement secourable.
En effet, à peine l'inconscient nous touche-t-il qu'on l'est déjà, car on devient inconscient de soi-même. C'est là le danger premier déjà connu instinctivement de l'homme primitif, qui se tient encore si prés de ce plérôme, et objet de son effroi. Sa conscience est en effet encore incertaine et chancelante. Elle est encore enfantine, émergeant à peine des eaux premières. Une vague de l'inconscient peut facilement le submerger ; il oublie alors qui il était et fait des choses dans lesquelles il ne se connaît plus lui-même. Si les primitifs ont une telle peur des affects incontrôlés, c'est que la conscience disparaît trop facilement au cours de ceux-ci et laisse le champ libre à la possession. C'est pourquoi tous les efforts de l'humanité tendent à la consolidation de la conscience. C'est à cela que servaient les rites, les représentations collectives, les dogmes ; c'étaient des digues et des murailles, élevées contre les dangers de l'inconscient, les "périls of the soul". C'est pourquoi le rite primitif consiste à chasser les esprits, à ôter les sorts, à écarter le mauvais œil, à rendre propice, à purifier et à produire de façon analogique, c'est-à-dire magique, l'évènement secourable.
*C.G. Jung, Les racines de la conscience - Des archétypes de l'inconscient collectif - Albin Michel
L’âme et la vie de l’inconscient*
Apprécier la psyché inconsciente, la valoriser au point de la juger digne d’être une source de connaissance, n’est nullement aussi illusoire que le prétend notre rationalisme occidental. Nous sommes portés à supposer que toute connaissance vient en dernière analyse de l’extérieur. Mais nous savons aujourd’hui avec certitude que l’inconscient détient des contenus, qui, s’ils pouvaient être rendus conscients, représenteraient un accroissement immense de connaissance. L’étude moderne des instincts chez les animaux, par exemple chez les insectes, a apporté une riche moisson empirique qui prouve, à tout le moins, que si un être humain se comportait à l’occasion comme tel ou tel insecte, il possèderait une ligne de conduite infaillible. Il est naturellement impossible de prouver que les insectes ont une conscience de leur savoir, mais pour le sain bon sens il est indubitable que ces pulsions inconscientes forment autant de fonctions psychiques. De même l’inconscient humain recèle toutes les formes de vie et de fonctions héritées de la lignée ancestrale, de sorte qu’en chaque enfant préexiste une disposition psychique fonctionnelle, adéquate, antérieure à la conscience. Au sein de la vie consciente de l’adule, cette fonction inconsciente instinctive fait constamment sentir sa présence et son activité ; en elles sont déjà préformées toutes les fonctions de la psyché consciente. L’inconscient perçoit, a des intentions et des pressentiments, des sentiments et des pensées tout comme le conscient. Notre expérience de la psychopathologie et l’étude de la fonction onirique le confirment abondamment. Il n’y a qu’une seule différence essentielle entre le fonctionnement conscient et le fonctionnement inconscient de la psyché ; le conscient, en dépit de son intensité et de sa concentration, est purement éphémère, accommodé seulement au présent immédiat et à son propre voisinage ; il ne dispose par nature que des matériaux de l’expérience individuelle, répartis à peine sur quelques décennies. Sa mémoire pour le reste est artificielle et composée essentiellement de papier imprimé. Combien différent est l’inconscient ! Ni concentré, ni intensif, mais crépusculaire jusqu’à l’obscurité, il y gagne une extension immense et il renferme côte à côte, de façon paradoxale, les éléments les plus hétérogènes, disposant, outre une masse inassignable de perceptions subliminales, du trésor prodigieux des stratifications déposées au cours de la vie des ancêtres, qui, par leur seule existence, ont contribué à la différentiation de l’espèce. Si l’inconscient pouvait être personnifié, il prendrait les traits d’un être humain collectif vivant en marge de la spécification des sexes , de la jeunesse et de la vieillesse, de la naissance et de la mort, fort de l’expérience humaine à peu prés immortelle d’un ou deux millions d’années. Cet être planerait sans conteste au-dessus des vicissitudes des temps. Le présent n’aurait pas plus de signification pour lui qu’une année quelconque du centième millénaire avant Jésus-Christ ; ce serait un rêveur de rêve séculaires, et, grâce à son expérience démesurée, un oracle aux pronostics incomparables. Car il aurait vécu la vie de l’individu, de la famille, des tribus, des peuples un nombre incalculable de fois, et il connaîtrait – tel un sentiment vivant –l e rythme du devenir, de l’épanouissement, et de la décadence.
Malheureusement, ou plutôt heureusement, il rêve ; du moins à ce qu’il nous paraît, comme si cet inconscient collectif ne détenait pas de conscience propre de ses contenus ; nous n’en sommes toutefois pas plus sûrs que pour les insectes. Cet être collectif ne semble pas davantage être une personne, mais plutôt une sorte de flot infini, un océan d’images et de formes qui émergent à la conscience à l’occasion de rêves ou d’états mentaux anormaux.
Il serait fâcheux de vouloir traiter d’illusion ce système immense d’expériences de la psyché inconsciente ; notre corps visible et tangible est lui aussi un système d’expériences tout à fait comparable qui recèle encore les traces des développements datant des premiers âges ; il forme sans conteste un ensemble assujetti à un but, la vie, qui autrement serait impossible. Il ne viendrait à l’esprit à personne de dénier tout intérêt à l’anatomie comparée ou à la physiologie ; l’étude de l’inconscient collectif et son utilisation comme source de connaissance ne sauraient passer davantage pour une illusion.
D’un point de vue superficiel, l’âme nous paraît essentiellement être le reflet de processus extérieurs, qui en seraient non seulement les promoteurs occasionnels mais bien l’origine première. De même tout d’abord l’inconscient ne paraît explicable que de l’extérieur, à partir du conscient. On sait que Freud, dans sa psychologie, a fait cette tentative. Mais elle n’aurait pu vraiment réussir que si l’inconscient était en fait un produit de l’existence individuelle et du conscient. Cependant l’inconscient préexiste toujours, étant la disposition fonctionnelle héritée d’âge en âge. La conscience est un rejeton tardif de l’âme inconsciente. Il serait sans doute mal venu d’expliquer la vie des ancêtres grâces aux épigones ultérieures ; c’est pourquoi il est, à mon avis erroné de placer l’inconscient dans la dépendance causale du conscient. Le contraire est sans doute plus vrai.
Précisément ce point de vue opposé était celui de la façon de voir traditionnelle, sorte de vieille psychologie qui, presciente de l’inestimable trésor d’expériences obscures cachées sous le seuil de la conscience individuelle et éphémère, ne considéra l’âme de l’individu que dans la dépendance d’un système cosmique spirituel. Pour elle ce n’était pas seulement l’hypothèse, mais bien une évidence manifeste que ce système était une entité douée de volonté et de conscience, voire même un être et cet être elle l’appela Dieu – qui devint ainsi la quintessence de toute réalité. Dieu était l’être le plus réel, la prima causa grâce à laquelle seule l’âme pouvait être expliquée. Cette hypothèse à sa raison d’être psychologique ; qualifier de divin, par rapport à l’homme, un être à peu prés immortel, doué d’une expérience à peu prés éternelle, n’est pas totalement injustifié.
Malheureusement, ou plutôt heureusement, il rêve ; du moins à ce qu’il nous paraît, comme si cet inconscient collectif ne détenait pas de conscience propre de ses contenus ; nous n’en sommes toutefois pas plus sûrs que pour les insectes. Cet être collectif ne semble pas davantage être une personne, mais plutôt une sorte de flot infini, un océan d’images et de formes qui émergent à la conscience à l’occasion de rêves ou d’états mentaux anormaux.
Il serait fâcheux de vouloir traiter d’illusion ce système immense d’expériences de la psyché inconsciente ; notre corps visible et tangible est lui aussi un système d’expériences tout à fait comparable qui recèle encore les traces des développements datant des premiers âges ; il forme sans conteste un ensemble assujetti à un but, la vie, qui autrement serait impossible. Il ne viendrait à l’esprit à personne de dénier tout intérêt à l’anatomie comparée ou à la physiologie ; l’étude de l’inconscient collectif et son utilisation comme source de connaissance ne sauraient passer davantage pour une illusion.
D’un point de vue superficiel, l’âme nous paraît essentiellement être le reflet de processus extérieurs, qui en seraient non seulement les promoteurs occasionnels mais bien l’origine première. De même tout d’abord l’inconscient ne paraît explicable que de l’extérieur, à partir du conscient. On sait que Freud, dans sa psychologie, a fait cette tentative. Mais elle n’aurait pu vraiment réussir que si l’inconscient était en fait un produit de l’existence individuelle et du conscient. Cependant l’inconscient préexiste toujours, étant la disposition fonctionnelle héritée d’âge en âge. La conscience est un rejeton tardif de l’âme inconsciente. Il serait sans doute mal venu d’expliquer la vie des ancêtres grâces aux épigones ultérieures ; c’est pourquoi il est, à mon avis erroné de placer l’inconscient dans la dépendance causale du conscient. Le contraire est sans doute plus vrai.
Précisément ce point de vue opposé était celui de la façon de voir traditionnelle, sorte de vieille psychologie qui, presciente de l’inestimable trésor d’expériences obscures cachées sous le seuil de la conscience individuelle et éphémère, ne considéra l’âme de l’individu que dans la dépendance d’un système cosmique spirituel. Pour elle ce n’était pas seulement l’hypothèse, mais bien une évidence manifeste que ce système était une entité douée de volonté et de conscience, voire même un être et cet être elle l’appela Dieu – qui devint ainsi la quintessence de toute réalité. Dieu était l’être le plus réel, la prima causa grâce à laquelle seule l’âme pouvait être expliquée. Cette hypothèse à sa raison d’être psychologique ; qualifier de divin, par rapport à l’homme, un être à peu prés immortel, doué d’une expérience à peu prés éternelle, n’est pas totalement injustifié.
*C.G. Jung, L'Homme à la découverte de son âme - Structure et fonctionnement de l’inconscient - Albin Michel

Tout homme possède deux âmes*
Jung fut invité de nouveau au Kulturbund de Vienne au début de novembre 1932 pour une conférence dont on ignore le sujet. L'interview suivante, "Jeder Mensch hat zwei Seelen" parut dans le Neues Wiener Journal du 9 novembre 1932 avec les propres paroles de Jung.
Mon affirmation selon laquelle l'homme est doté à la naissance d'un cerveau hautement différencié, largement développé et riche de qualités innombrables, a rencontré une fréquente hostilité. La plupart des gens continuent à croire que tout ce qu'ils sont devenus, toute réaction de leur moi psychique aux stimulations courantes est déterminée par l'éducation et l'environnement.
Bien peu savent quelque chose de l'âme ancestrale et plus rares encore ceux qui y croient. Ne sommes-nous pas dépositaires de toutes l'histoire de l'humanité ? Pourquoi est-il si difficile de croire que chacun de nous a deux âmes ? Lorsqu'un homme atteint la cinquantaine, une partie de lui seulement n'a vécu qu'un demi-siècle. L'autre partie, qui vit aussi dans sa psyché, est vieille de millions d'années. Tout nouveau-né vient au monde avec un cerveau complètement équipé. Bien qu'aux premiers stades de la vie l'esprit n'ait pas encore acquis une parfaite maîtrise du corps, il est préconditionné à réagir au monde extérieur ; autrement dit, il a la capacité de le faire. De telles structures mentales exercent leur influence tout au long de la vie et marquent de façon indélébile le mode de pensée de la personne. Le nouveau-né ne commence pas à développer ses facultés mentales en venant au monde. Son esprit, structure achevée, résultat d'innombrables vies précédant la sienne, est loin d'être dépourvu de contenu. Il est improbable que nous puissions un jour découvrir le passé lointain jusqu'où plonge la psyché impersonnelle de l'individu.
Il ne fait aucun doute que la psyché personnelle de l'homme ne se développe que pendant sa vie, et l'environnement ainsi que l'éducation jouent un rôle décisif dans ce processus. Ces influences rentrent en action dés les premiers jours de la vie du bébé. Dans l'ensemble, la réceptivité du cerveau de l'enfant tend à être largement sous-estimée, mais le psychologue praticien recueille souvent la preuve du contraire. Dans les névroses on se heurte constamment à des manques psychiques qui remontent à des expériences de la petite enfance. Il n'est pas rare qu'un enfant grondé sévèrement dans son parc ou dans son lit, en soit affecté sa vie entière.
Les deux âmes donnent lieu à de fréquentes contradictions sur le plan de la pensée et du sentiment. La psyché impersonnelle et la psyché personnelle démontrent au psychologue l'existence de ces deux âmes à l'intérieur de tout homme. En exerçant leur imagination, que j'appelle la mère de la conscience humaine, beaucoup de mes patients ont peint des images et décrit des rêves présentant une étrange conformité à des lois définies et montrant des similitudes remarquables avec des images des temples hindous et chinois. Où ces gens étaient-ils censés avoir pris connaissance de ces cultures religieuses d'Extrême-Orient ? J'ai soigné des patients dont les visions se rapportaient à des évènements vieux de plusieurs siècles. Tout cela ne peut venir que de l'inconscient, l'âme impersonnelle, le cerveau achevé du nouveau-né. L'homme contemporain n'est que le dernier fruit mûr de l'arbre de la race humaine. Aucun de nous ne sait que nous savons.
Bien peu savent quelque chose de l'âme ancestrale et plus rares encore ceux qui y croient. Ne sommes-nous pas dépositaires de toutes l'histoire de l'humanité ? Pourquoi est-il si difficile de croire que chacun de nous a deux âmes ? Lorsqu'un homme atteint la cinquantaine, une partie de lui seulement n'a vécu qu'un demi-siècle. L'autre partie, qui vit aussi dans sa psyché, est vieille de millions d'années. Tout nouveau-né vient au monde avec un cerveau complètement équipé. Bien qu'aux premiers stades de la vie l'esprit n'ait pas encore acquis une parfaite maîtrise du corps, il est préconditionné à réagir au monde extérieur ; autrement dit, il a la capacité de le faire. De telles structures mentales exercent leur influence tout au long de la vie et marquent de façon indélébile le mode de pensée de la personne. Le nouveau-né ne commence pas à développer ses facultés mentales en venant au monde. Son esprit, structure achevée, résultat d'innombrables vies précédant la sienne, est loin d'être dépourvu de contenu. Il est improbable que nous puissions un jour découvrir le passé lointain jusqu'où plonge la psyché impersonnelle de l'individu.
Il ne fait aucun doute que la psyché personnelle de l'homme ne se développe que pendant sa vie, et l'environnement ainsi que l'éducation jouent un rôle décisif dans ce processus. Ces influences rentrent en action dés les premiers jours de la vie du bébé. Dans l'ensemble, la réceptivité du cerveau de l'enfant tend à être largement sous-estimée, mais le psychologue praticien recueille souvent la preuve du contraire. Dans les névroses on se heurte constamment à des manques psychiques qui remontent à des expériences de la petite enfance. Il n'est pas rare qu'un enfant grondé sévèrement dans son parc ou dans son lit, en soit affecté sa vie entière.
Les deux âmes donnent lieu à de fréquentes contradictions sur le plan de la pensée et du sentiment. La psyché impersonnelle et la psyché personnelle démontrent au psychologue l'existence de ces deux âmes à l'intérieur de tout homme. En exerçant leur imagination, que j'appelle la mère de la conscience humaine, beaucoup de mes patients ont peint des images et décrit des rêves présentant une étrange conformité à des lois définies et montrant des similitudes remarquables avec des images des temples hindous et chinois. Où ces gens étaient-ils censés avoir pris connaissance de ces cultures religieuses d'Extrême-Orient ? J'ai soigné des patients dont les visions se rapportaient à des évènements vieux de plusieurs siècles. Tout cela ne peut venir que de l'inconscient, l'âme impersonnelle, le cerveau achevé du nouveau-né. L'homme contemporain n'est que le dernier fruit mûr de l'arbre de la race humaine. Aucun de nous ne sait que nous savons.
*Nov 1932, extrait de "C.G.Jung parle - Rencontres et interviews" (Buchet/Chastel)

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